Le FR104, un immunomodulateur, essai clinique de phase 1 finalisé,
Effi-7, un anticorps monoclonal, en phase préclinique

  • De 3 % à 5 % de la population mondiale souffrent de MAI et de pathologies associées, dont environ 10 à 20 % pourraient bénéficier d’un contrôle de la balance immunitaire.
  • La prévalence des MAI est plus forte chez la femme qui est touchée 5 à 10 fois plus souvent que l’homme (en raison du rôle important des hormones sexuelles dans l’apparition de maladies auto-immunes).
  • La polyarthrite rhumatoïde et le diabète auto-immun (type 1, insulino-dépendant) sont des maladies systémiques fréquentes.Leur prévalence respective est de 1000 à 4000 patients atteints pour 100 000 habitants et 200 à 300 pour 100 000 habitants.
  • La prévalence de la maladie cœliaque serait de 100 à 200 pour 100 000 habitants.
  • Le lupus érythémateux systémique, la sclérodermie et la dermatopolymyosite sont des maladies beaucoup plus rares avec une prévalence respective de 15 à 50 pour 100 000 habitants, 20 pour 100 000 habitants et 5 à 10 cas pour 100 000 habitants.
  • Au total, une meilleure efficacité diagnostique, l’augmentation de la durée de vie des populations et la diminution de la mortalité des maladies auto-immunes les plus sévères grâce à une meilleure prise en charge thérapeutique donnent à ce groupe de pathologies une prévalence globale de 5 à 10%.

Les marchés des maladies auto-immunes incluent plusieurs produits de rupture (appelés « breakthrough products ») avec un chiffre d’affaires dépassant souvent plusieurs milliards d’euros.

Les Maladies Auto-Immunes (MAI)

Normalement, le système immunitaire défend l’organisme vis-à-vis d’agressions extérieures et tolère ses propres constituants. Une maladie auto-immune survient quand les mécanismes de tolérance au soi deviennent défaillants, permettant aux lymphocytes auto-réactifs d’attaquer les constituants de l’organisme. Le système immunitaire devient alors pathogène et induit des lésions tissulaires ou cellulaires. Ces maladies évoluent de façon chronique tout au long de la vie, avec des phases de poussées et de rémissions. Des signaux de co-stimulation sont nécessaires pour que l’activation néfaste du lymphocyte T se poursuive.

Il existe plus de 80 MAI, les plus répandues étant la polyarthrite rhumatoïde, la rectocolite hémorragique, la sclérose en plaques, le psoriasis, le diabète auto-immun de type 1 et le lupus érythémateux. Dans les pays occidentaux, les MAI représentent la première cause d’invalidité chez les jeunes adultes.

Les MAI peuvent être schématiquement divisées en MAI spécifiques d’organes ou de tissus (comme les thyroïdites auto-immunes, la myasthénie, le pemphigus …) et MAI non spécifiques d’organes encore appelées maladies systémiques. Les maladies auto-immunes sont d’origine multifactorielle (facteurs génétiques, endocriniens et environnementaux).

La fréquence des MAI fait de ce groupe de maladies un problème de santé majeur, au même titre que les maladies cardiovasculaires et cancéreuses, car il s’agit de pathologies chroniques, touchant des sujets jeunes, au traitement long. Une meilleure compréhension de leur physiopathologie permet des progrès considérables dans la thérapeutique des plus graves d’entre elles.

Chaque MAI a son schéma thérapeutique avec ses indications de traitement purement symptomatique, anti-inflammatoire, immunosuppresseur ou/et substitutif. Les thérapeutiques les plus utilisées sont les corticoïdes, les immunosuppresseurs et les immunomodulateurs. Les limites de ces traitements sont liées aux intolérances de ces traitements chroniques et à l’échappement fréquent.

Le marché global de la transplantation

Il est estimé pour 2015 à 4,3 milliards de dollars. Les principales ventes prévues pour 2017 sont concentrées sur 5 premiers produits dans un marché à prix élevés concentrés sur des centres hautement spécialisés. Les acteurs pharmaceutiques suivants interviennent sur ces marchés très ciblés.

La Transplantation

Dans la transplantation et la greffe, le système immunitaire cherche à éliminer ce qu’il considère comme étranger. Dans la greffe de moelle, les cellules immunocompétentes contenues dans le greffon sont capables de reconnaître comme étrangers les alloantigènes de l’hôte et de les rejeter. Il s’agit de la maladie du greffon contre l’hôte ou GVHD (Graft Versus Host Disease). L’alloréactivité (c’est-à-dire les antigènes provenant d’un individu de la même espèce mais dont la structure génétique et tissulaire est différente) reste un obstacle majeur aux transplantations d’organes et de tissus puisque les rejets immunologiques aboutissent à la perte du greffon relativement rapide sans traitement immunosuppresseur. Les lymphocytes alloréactifs sont au cœur de ces rejets et développent de réponses immunes de forte intensité que l’on cherche à bloquer.

La transplantation d’organe est une discipline médicale qui a à peine plus de 50 ans. La première greffe de rein réussie chez l’homme a été réalisée en 1954 entre deux frères jumeaux. Depuis lors, le développement de médicaments immunosuppresseurs et des techniques chirurgicales, les progrès en immunologie incluant la sélection du donneur et les soins post-opératoires ont contribué à améliorer la survie des patients transplantés d’une manière telle que la transplantation est devenu le traitement de choix en cas d’insuffisance fonctionnelle terminale du rein, du foie, du cœur, des poumons et du pancréas. Une première avancée pharmacologique a été l’utilisation de l’azathioprine, un agent anti-proliférateur qui est devenu le traitement principal en combinaison avec les corticostéroïdes dans les années 1960-70. En 1983, le lancement de la cyclosporine, un inhibiteur de la calcineurine a considérablement amélioré le pronostic post-greffe et a contribué au succès clinique de la transplantation. La combinaison de la cyclosporine avec les corticostéroïdes et l’azathioprine s’est avérée la meilleure combinaison médicamenteuse dans les années 1980-90. Dans les 2 décennies qui ont suivi, plusieurs nouvelles molécules immunosuppressives ont été introduites, élargissant les possibilités thérapeutiques. Cependant, dans tous les cas, les traitements nécessitent une prise quotidienne et chronique de médicaments immunosuppresseurs pour éviter le rejet qui peut survenir plusieurs mois ou années après la transplantation.

En 15 ans, la survie du greffon rénal à six ans est passée de 66% à 80%. Cependant, le taux de pertes de greffon dues à un rejet chronique et à la néphrotoxicité des immunosuppresseurs (5% par an) ne s’est pas amélioré avec le temps. Le besoin médical de nouvelles approches reste très important.