L’immunothérapie, nouvelle ère de traitement des cancers

Les solutions thérapeutiques pour les cancers métastatiques sont insuffisantes. Lors des deux dernières éditions du congrès américain de cancérologie (ASCO) de 2014 et 2015, l’immunothérapie fut présentée comme un véritable espoir de stabilisation voire de rémission pour certains patients. « Les stratégies qui utilisent le système immunitaire contre la tumeur entrent dans le palmarès des grandes avancées scientifiques », explique la prestigieuse revue Science (décembre 2013). « Il ne s’agit plus de viser uniquement la tumeur, mais d’armer le système immunitaire ».
Aujourd’hui, les thérapeutiques classiques telles que la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie, les thérapies ciblées traitent environ 50% à 60% des cancers. Mais la problématique est très différente selon que le cancer est localisé ou métastatique.

Les traitements s’appuyant sur les défenses immunitaires offrent une nouvelle arme dans la lutte contre le cancer, notamment les cancers à un stade avancé.

La société OSE Immunotherapeutics se consacre à l’immunité T spécifique à un stade d’échappement des tumeurs (cancers invasifs), c’est-à-dire au moment où les antigènes tumoraux sont en forte expansion. Elle s’appuie sur une technologie multi-épitopes optimisés capables d’armer les cellules T cytotoxiques contre plusieurs antigènes tumoraux, rendus à nouveau « visibles » sur les cellules cancéreuses.

Défenses immunes contre le cancer

Le système immunitaire reconnaît les cellules tumorales comme des éléments étrangers, déclenche une réponse impliquant un ensemble de cellules (lymphocytes et cellules présentatrices d’antigènes) et des protéines spécialisées. L’action coordonnée de ces différents éléments doit parvenir à la destruction des cellules tumorales, il s’agit du processus d’immunosurveillance des cancers. Deux niveaux de défense caractérisent cette réponse : le premier est non spécifique, c’est l’immunité innée ; le second niveau, l’immunité adaptative acquise, est quant à lui spécifique et doué de mémoire. Cette spécificité résulte d’un processus d’activation, au cours duquel certains des lymphocytes apprennent à reconnaître des antigènes tumoraux via leurs épitopes. L’épitope est un fragment d’antigène tumoral appelé « déterminant antigénique », une structure moléculaire souvent très petite, un véritable « code protéique » qui se fixe à ses récepteurs cellulaires. Il est le déclencheur de la réponse immune. Ce système de défense peut être contourné. En effet, certaines cellules tumorales présentent peu de caractéristiques trahissant leur nature, elles ne sont ni reconnues, ni attaquées par le système immunitaire. Elles présentent des antigènes tumoraux mais ceux-ci sont également présents sur d’autres organes sains et la réaction immune ne se déclenchera pas contre ces antigènes « du soi ». Ils ne seront pas reconnus comme étrangers. D’autres cellules cancéreuses peuvent également mettre en place des stratégies d’échappement, par exemple en se multipliant très rapidement et en dépassant les possibilités de réaction du système immunitaire. Certains antigènes tumoraux peuvent même inhiber directement le fonctionnement de l’immunité en la déréglant, bloquant ainsi l’immunosurveillance.

Aux côtés des traitements existants, la combinaison de produits d’immunothérapie spécifique et non spécifique apparaît cohérente et complémentaire à la plupart des experts pour accroître l’efficacité et la durée de l’effet à long terme des traitements, sans pour autant déclencher d’effets secondaires additionnels. Les combinaisons thérapeutiques sont fréquentes en cancérologie, elles ont pour objet une maximisation des effets et une action à plusieurs niveaux pour éviter un échappement de la cellule tumorale. La recherche s’oriente vers le développement de molécules à action spécifique et non-spécifique.

L’utilisation de nouvelles molécules à action T cytotoxique non spécifique, de type checkpoint inhibiteur ou spécifique, a permis d’observer une stabilisation de la taille du cancer auprès des patients testés.